Croc-Blanc, chapitre IX – chez Scott, 3/

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Parfois, il faisait de grandes promenades avec son maître qui montait à cheval.

Un jour,  Scott  essayait  d’apprendre à son cheval  à ouvrir  seul  une barrière.

Le cheval,  effrayé,  reculait,  s’énervait  et ruait.  Croc Blanc  bondit  en  grognant,  mais  le  cheval  eut  encore   plus  peur  et  renversa  son  cavalier.

 

Scott eut  la jambe  brisée.  Il  ne  pouvait plus  bouger  et décida  d’envoyer  Croc Blanc chercher du secours.

« A  la maison ! Dit-il.  Va à la maison ! »

Le loup  hésitait,  il ne voulait  pas quitter  son maître.  Scott  lui  parla  doucement :

« Tu  m’écoutes,  Croc Blanc  !   Va, va  tout  droit  à la maison  !  Oui   !                                         Va  les  chercher.   Va, mon  loup, va  !  Droit à la maison !

Croc Blanc, sans  saisir   toutes ces paroles,  comprit  ce  que  voulait  son maître et s’en  alla.

La  famille  était  réunie  devant  la  maison.   En voyant  Croc Blanc,  la mère  de Scott cria :         « Ah ils reviennent ! »

Mais le loup était  seul,  il   gronda bizarrement.   « Va t’en ! Va coucher ! »  criait  la  mère.

Croc Blanc  se retourna  vers  Alice,  la femme  de son maître  et  tira  sur  sa robe  avec ses dents.

« J’espère qu’il n’est pas devenu fou ! dit la mère »

Croc Blanc ne grondait plus, il se tenait immobile et tremblait.

« On  croirait  qu’il  essaie  de parler  !  dit  Alice ».

Le loup   aboya   pour la première et la dernière fois de sa vie.

« Il est arrivé quelque  chose à  Weedon ! » s’écria Alice.

Enfin, tout le monde suivit Croc Blanc et on put soigner Scott.

Après cet événement, plus personne n’eut peut du loup.

Tout le monde, même l’employé  de  la  ferme, l’aimait.

 

 

 

 

 

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Croc-Blanc, chapitre IX – Le voyage, 2/

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Croc Blanc  se sentit  rapidement  comme  chez lui  dans  cette  grande  maison.

C’était  le  domaine  du  juge  Scott,  le  père  de  son  maître.

Son  maître  Weedon  Scott  avait  une  grande  famille  :    ses  parents,  ses  deux soeurs,  sa  femme  Alice  et  leurs  deux  enfants.  Peu à peu,  Croc Blanc  se laissa  caresser  par chacun.  Il apprit  à jouer  avec  les enfants  sans  leur faire  mal. Il  finit même par les aimer.

Le chien Dick  n’était  pas  content  de voir  un loup mais finalement,  il se calma et et décida de le laisser tranquille.   Croc Blanc  avait compris  qu’il ne  fallait  pas  attaquer  ce chien.

Par contre,  Collie,  la  chienne  de berger,  ne pouvait  pas  oublier  qu’un loup  est un ennemi,  un tueur de moutons.   Elle  l’attaquait  sans cesse.  Croc Blanc  se  défendait  avec calme et patience,  sans jamais  lui faire  de mal.

Dans  les  terres  sauvages  du  Nord,  les  chien s et  les loups  avaient  le droit  de tuer  les autres animaux  pour les manger.  Croc Blanc  ne savait pas  que  c’était différent  au Sud.

Un matin,  il trouva   un poulet  qui s’était échappé.  En  un instant,  il le  tua  et  l’avala.  Il  le trouva délicieux.    Aussi,  quand  il trouva  un  autre  poulet  dans  la cour,  il essaya de l’attraper.   Mais  un  employé   arriva  avec  un fouet  et le  frappa.  Le loup  lui sauta à la gorge,  le renversa  et lui mordit le bras.  L’homme  criait.   Heureusement,  la chienne Collie  s’élança, furieuse,  sur Croc Blanc  qui dut s’enfuir.  Il  ne  voulait  pas se battre  avec  une femelle.

«  J’espère  qu’il  laissera  les  poulets  tranquilles,  dit Scott,  je le punirai  moi-même  s’il  recommence  ! »

Deux  jours  plus tard, Croc Blanc  avait  repéré  le  poulailler.  La  nuit,  il  grimpa sur le toit  et  se glissa  au milieu  des  volailles.   Ce fut  un carnage :  il tua cinquante poules blanches.

 

Le  lendemain  matin,  l’employé  déposa  les  cinquante cadavres  de  poules  dans  la  cour.

Scott  appela  Croc Blanc  qui accourut  sans honte :  il ne savait pas  qu’il avait fait  quelque chose  de mal.  Il  pensait  même  qu’on  allait  le  féliciter  pour  cette  belle  chasse.

Mais  son maître  lui parla  avec  une voix  pleine de colère.   Il  le  frappa  en lui tenant  le nez  sur les poules mortes.   Le loup   était  très  surpris.   Il  comprit   que Scott était  très mécontent  et  ne  tua jamais plus  de poule.

Il apprit  qu’il ne fallait  pas  toucher aux chats,  ni  aux lapins,  ni aux dindons.

Les mois  passèrent.   Croc Blanc  était  bien nourri  et  n’avait  aucun  travail à faire.

Il était heureux.   Il oubliait la neige   et le froid du grand Nord.

 

 

 

 

Croc-Blanc, chapitre IX – Le voyage, 1/

<<<<  chapitre  VIII   <<<<<


Scott  descendit  du bateau  à  San Francisco.

Croc Blanc  fut  très étonné  et effrayé.

Il comprit  que  les hommes  étaient  vraiment  très puissants.

Ils  n’habitaient pas  dans  des tentes, ni  dans  des  cabanes en bois,  mais  dans  de  hauts immeubles.

Il  y avait  des camions,  des voitures,  d’énormes chariots.  Tout ceci  faisait  beaucoup  de bruit  et de fumée.

Croc Blanc  était  terrorisé.  Il  ne lâchait  pas  son maître.  Il  se sentait  perdu  comme  un petit bébé.

Et  les hommes  étaient  si nombreux !  C’était  comme  un cauchemar.

Plus tard,  son maître  le fit  monter  dans  un  wagon puis  ressortit  et l’enferma.

Croc blanc  crut  qu’il  l’avait  de nouveau  abandonné.   Soudain,  un  bruit  nouveau  et  des  vibrations,  le  train  démarrait.  Le  chien-loup  tremblait  de peur.

Heureusement,  il trouva  au fond  du wagon  les bagages  de Scott  et reconnut son odeur.       Il  resta  couché  dessus  pendant  tout le voyage.

Quand Croc-Blanc  sortit du wagon,  nouvelle surprise  :  la  ville  avait  disparu !

Il n’avait pas compris que le train s’était déplacé.

 

Un homme et une femme les attendaient  sur  le  quai.

Croc Blanc  vit  la femme  s’approcher  de Scott  et ses bras  entourer  le cou  de son maître. Il se mit  à gronder  et  à montrer  les crocs.   Scott  s’approcha  de lui  et dit  à la dame :

« N’aie  pas peur,  maman,  il a cru  que  tu voulais  me faire  du mal.

– Alors  je  ne peux pas  t’embrasser  devant  ce chien  ?

– Si, nous devons  lui faire  comprendre  que  ce n’est pas  dangereux  pour moi. »

Scott  calma  Croc Blanc  et lui  dit  de rester  couché  à côté  de lui,  puis  il  embrassa  de nouveau  sa mère.  Croc Blanc  gronda,  prêt à bondir.

« Couché,  le chien !  répétait  Scott. »

Le chien loup  vit  que  son maître  riait  et comprit  qu’il  ne  lui arrivait  rien de mal.

Scott  et  ses  parents  montèrent   dans une voiture   tirée  par des chevaux  et  Croc Blanc  courut à côté.

 

Ils  arrivèrent  dans  une grande maison  au fond  d’un  parc.

Le paysage  était  très beau.

 

Un gros chien  de berger  se jeta  sur lui.

Comme  à son habitude,  le loup  allait  se défendre  et  tuer  le  chien,    mais  il  se rendit compte  que  c’était  une femelle.

Il savait  qu’un  mâle  n’attaque  jamais une femelle.

Mais la chienne, elle,  sentait  que ce chien  était  différent, dangereux  et sauvage.  Elle  le mordit  au cou.  Croc Blanc  essaya de s’éloigner.

Heureusement,  l’homme  arriva  et  appela :  « Ici, Collie ! ».   Scott se mit à rire.

« Laisse-la  père.  Il faut  que  mon loup  apprenne  à se débrouiller  avec elle. »

Croc Blanc réussit  à faire tomber  la chienne  en lui donnant  un coup d’épaule.

Mais  un autre  chien  l’attaqua et le renversa.  Croc Blanc  se releva, furieux.   Il aurait  tué le chien  si Scott  n’était  pas  arrivé  pour le retenir.

D’autres  personnes  étaient sorties  de la maison  et  embrassaient  Scott.

Croc Blanc  les laissa  faire  mais  personne  ne put  s’approcher de lui  car  il grondait  et faisait peur à tout le monde.

Scott dit à son père :

« Ne laissons  pas le loup  avec  les chiens  dehors.  Il  pourrait  tuer  le mâle.

– D’accord,  fais  le rentrer  dans  la maison. »

Croc Blanc entra,  examina  soigneusement  l’intérieur  de  la pièce,  et  se coucha  aux pieds  de son maître.

 

 

 

 

Croc-Blanc, chapitre VIII – Le maître d’amour, 4/

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Quelques semaines  plus tard,  Scott devait repartir travailler  dans  une grande ville du Sud : San Francisco.

Croc Blanc  avait remarqué  que quelque chose  se préparait.  Il voyait  son maître préparer  ses bagages.  Il  se traînait  toujours  derrière lui  en gémissant.

« Il comprend  que tu  vas partir,  dit Matt.

_  Je  ne  vais  quand même  pas  l’emmener  en Californie !

_ C’est  bien  ce  qu’il espère : que tu  l’emmènes avec toi.

_ Tu  sais bien  que  c’est impossible !   Il est  trop sauvage,  il tuerait  tous les chiens  de la région !  Je  ne pourrai pas  le garder.

_ Bien sûr mais…

_ Mais quoi ? cria Scott.

_ Et bien….

_  Ah !  Ne m’énerve  pas !  Je sais  très bien  ce que  je dois  faire !  »

La veille  du  départ,  Croc Blanc  ne mangea  rien  et  il hurla  comme si  son maître  était mort.

Le lendemain,  il  se  colla  aux  jambes  de son maître  en gémissant.

Au moment de partir,  Scott  s’assit  à côté de lui  et  lui dit :

« Je te comprends,  mon loup.  Mais  je ne peux  vraiment pas  t’emmener  là  où je vais.   Je suis obligé  de  te laisser  ici.   Allez, disons    nous adieu…. »

Croc Blanc  se blottissait  contre son maître.

 

Soudain,  on entendit  la sirène du bateau.

Les deux hommes  enfermèrent  le loup  dans  la cabane et  allèrent sur le quai.

Ils entendaient Croc Blanc hurler et gémir.

« Soigne le bien,  dit Scott  à  Matt.  Et  écris-moi  pour me dire  comment il va. »

Au moment  de dire  au revoir  à son ami,  il  aperçut  Croc Blanc  sur le quai  !

« Regarde !  Tu avais  bien  fermé les portes ?

_Il saigne. Il a dû  casser  la vitre de la fenêtre. »

Scott  s’approcha  du loup  et  lui posa  la main  sur la tête.

La sirène du bateau  annonça  le départ.

« Adieu  Matt.  Finalement,  tu n’auras  pas besoin  de m’écrire  pour  Croc Blanc,  il  vient  avec  moi.

_Quoi ?  Tu vas  l’emmener ?

_Oui,  c’est moi  qui  t’écrirai  pour te donner  de ses nouvelles !

_ Tu es fou !  Il  ne  supportera  pas  la chaleur  avec  sa  fourrure  !

Pense à  lui  couper ses  poils  !  »

Scott  monta  dans  le  bateau  avec  son  loup.

Puis  la  sirène  retentit  encore,  et  le  bateau s’éloigna du quai  avec ses nombreux voyageurs  et  un  loup.

 

 

 

fin du chapitre VIII  (8)

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Croc-Blanc, chapitre VIII – Le maître d’amour, 3/

<<<<  chapitre VIII,  2/  <<<<<

 

——————————–

Ainsi Croc Blanc  avait  découvert  l’amour.

Son maître Scott   était  un  vrai  maître,  un maître d’amour.  Il  se sentait  près  de  lui  comme  une fleur  au soleil.  Mais  il  ne savait  pas montrer  son amour.

Il  avait  toujours  été  solitaire  et  presque  sauvage,  aussi  il  ne jappait  jamais  quand  il voyait  arriver  Scott,  il  ne  bondissait  jamais  autour de lui  comme les autres chiens.

Croc Blanc  s’habituait  peu à peu  à sa nouvelle vie.

Quand  il comprit  que son maître  voulait  qu’il obéisse  à  Matt,  il  se laissa  atteler à un traîneau  avec  d’autres  chiens.

Au bout de quelque temps,  Croc Blanc  fut placé  en tête et  devint  le  chef  des  chiens  de  traineau.  Matt reconnut  que  c’était  le meilleur  chien d’attelage  qu’il  n’avait jamais eu.

 

A la fin du printemps,    Scott   partit travailler dans une autre ville : Circle.

Ce  fut très dur pour  Croc Blanc  qui  resta  à  la  cabane.  Il  ne voulait  plus bouger.

Il restait là,  jour et nuit,  inquiet  et malheureux,  à attendre  le retour  de son maître.

Matt  ne pouvait  rien faire  pour lui  expliquer  ou  pour le consoler.

Il finit par écrire une lettre à Scott :


Le loup   ne   veut  plus  travailler.   Il  ne  veut  plus  se nourrir  non plus.   Rien  ne  l’intéresse.  Les autres  chiens  le  battent  et  il  ne  se  défend  même  pas.   Je crois  qu’il  veut  se laisser mourir  car  tu  es  parti.


Finalement,  Scott  décida  de rentrer  à Dawson.  Il arriva  la nuit.  Croc  Blanc  était allongé près  du poêle.  Il  ne bondit pas  vers  son maître  mais  il remuait  la queue.  C’était  sa façon  de montrer  qu’il était  heureux  de le revoir.

Scott  le caressa  longuement  et  pour la première fois,  le chien  loup  se frotta  contre lui.  Scott  avait  les larmes  aux  yeux.

 

Quelques  jours  plus tard,  Beauty Smith   essaya  de venir  voler  Croc Blanc.   Mais celui-ci rentra dans une rage folle.   Si son maître  n’était  pas arrivé,   il aurait tué   le  méchant  petit homme.


 

>>>  chapitre  VIII ,  4/  >>>>>>>

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Croc-Blanc, chapitre VIII – Le maître d’amour, 1/

Assis  à l’entrée  de  leur cabane,   Matt  et Scott  regardaient  Croc Blanc.

Weedon  Scott  était  ingénieur  à  la  mine,  Matt  était  son  maître  d’attelage.  C’est  lui  qui  conduisait  le  traineau  et  s’occupait  des  chiens.

 

Depuis  deux  semaines,   Crox-Blanc  était  attaché  près  de   la  maison.   Ses  blessures  avaient  guéri  mais  le  loup  se  montrait  très  sauvage.

Le loup  tirait  de toutes ses forces  sur sa chaîne,  le poil  hérissé,  grondant  et aboyant  vers  les chiens  de Matt.   Ses  chiens  avaient  essayé  d’attaquer  le jeune loup,   mais  ils avaient   reçu  des coups de bâton  et  ils  avaient compris  qu’il ne fallait   pas  s’approcher.

« C’est un loup,  dit Scott,  nous  ne pourrons  jamais  l’apprivoiser.

– Ce n’est pas sûr,  j’ai  l’impression  qu’il  a  déjà  été apprivoisé,   et   qu’il  y a  du  chien  en lui,  répondit  Matt.

–  C’est impossible,  il est  complètement  sauvage !

– Mais non, regardez  :  il y a  des  traces  de lanières  sur sa poitrine,  dit Matt.   Cela veut dire  qu’il a déjà tiré  un traîneau !

– Ah !  Tu as raison Matt,  il  a du  être  attelé   avant  d’arriver   chez   Beauty Smith.

– Alors il  devrait  pouvoir  recommencer  à  tirer  un  traineau.

– Oh non,  c’est impossible !   Cela fait  deux semaines   que  je l’ai acheté   et  il est  de plus  en plus  sauvage !

– Laisse – moi essayer ! »

Matt  prit un bâton  et  s’approcha  de Croc Blanc.  Le chien loup  le  regarda.   Il surveillait surtout  le bâton.  L’homme  le détacha  et recula.  Croc Blanc  fut très surpris  d’être  libre. Il fit  quelques pas  en direction  de Matt  et fut aussi  surpris  de  ne pas  recevoir  des coups de bâton.

« Pauvre bête,  je vais  lui chercher  de la viande,  dit  Scott. »

Il   lui lança  un beau morceau  de viande rouge,  mais   un chien  se jeta  dessus.

« Major,  viens  ici !   hurla Matt »

C’était trop tard.  Croc Blanc  avait  attaqué  le chien  et  lui avait  déchiré  la gorge.

Matt s’approcha   du loup  avec son bâton  mais  il fut mordu  aussi à la jambe.

Scott dit alors :

« Tu vois,  il n’y a  rien à faire  avec ce loup.  C’est un vrai diable,  et  tu voudrais  qu’il devienne doux  comme un agneau…  Tuons le !

-Attends,  il  a  tué   ce chien  qui voulait  lui prendre  son  repas !   Laissons-lui  encore  une  chance !

Scott  répondit  qu’il  voulait  bien  essayer  encore,  il   s’approcha  de Croc Blanc  en  lui  parlant  doucement.

Croc  Blanc  se  méfiait.  Il  venait  de  tuer  un  chien  et  il  s’attendait  à  être  de  nouveau  battu.   Scott  s’approcha  encore  de  lui   et   il  essaya  de  le caresser.   Le  chien loup  gronda,  la  main  s’approcha  encore,  alors  il   mordit   la main.

Scott  hurla  de douleur.

Matt  alla  chercher  une  carabine   :

« Tu avais raison. Il faut le tuer.

– Non ! Non !    Tu  as  dit  qu’il  fallait  lui  laisser  une  chance.     Tu  as  vu   comme  il  te regarde ?    Il   reconnaît une arme.  Laissons lui  encore  du temps.

– D’accord,  cet animal  a l’air  très intelligent,  nous n’avons pas le droit de le tuer.

 

>>> chapitre VIII, 2/ >>>

 

Croc Blanc, chapitre VII – 3/

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————————–

Soudain, Beauty Smith  s’avança  vers  les chiens  et montra  Croc Blanc  en  se  moquant  de lui.   Ceci  redonna  de la rage  et  de la force  au loup.  Il réussit  à se relever.  Il  se remit  à courir  mais  retomba  car  il était  épuisé.

Tout le monde criait : « Cherokee ! Cherokee ! »

Le bulldog  allait tuer  le loup  quand  on entendit   un traîneau  arriver.

Ce traîneau  était  conduit  par  un homme  moustachu  et un autre homme,  plus jeune  et  plus grand.  Ils vinrent  regarder  le combat.

Croc Blanc  allait  mourir.  Beauty Smith,  furieux,  lui donnait  des coups de pied  pour le réveiller  :  si son chien-loup  mourait,  il n’aurait  plus  d’argent.

Le jeune homme  qui venait d’arriver  se jeta sur lui  et lui envoya  un  terrible  coup de poing.  Il  se mit  à crier :

« Sale brute !  Vous êtes  tous des brutes ! »   Il était  très  en colère.  Il  appela  son ami :

« Matt !  Viens  m’aider ! »

Matt  attrapa  Croc Blanc  et  le jeune homme  essaya  de tirer  le bulldog  en arrière.  Mais celui-ci  mordait  toujours  le loup  et  refusait de le lâcher.  Les spectateurs  étaient  mécontents.

L’homme criait toujours :  « Vous êtes des brutes !

-Arrête  Scott,  dit Matt,  on  n’ y  arrivera  pas  comme  ça.

-Mais il  va mourir !  Ce bulldog  va  le tuer  ! »

Scott  se mit  à cogner  de toutes ses forces  sur la tête  de  Cherokee  qui ne lâchait  toujours pas  Croc Blanc.  Alors Scott  sortit  son revolver.  Il le glissa  dans la gueule  du bulldog et  donna des coups  sur ses dents.

« Eh !  Faut pas  lui casser  les dents !  Cria  Keenan.

-Tu préfères  que je  lui casse  le cou ?

-J’ai dit  de pas  lui casser  les dents !

-Il est  à toi ?

-Oui,  c’est  mon chien !

-Pourquoi  tu ne l’obliges pas  à lâcher  ce pauvre  loup ?

-J’ai  pas envie ! »

Scott  lui tourna  le dos  et continua  d’écarter  les dents  du bulldog  avec  son revolver.  Il réussit  enfin  à dégager  Croc Blanc.

« Maintenant,  tu peux  t’occuper  de ton chien ! »

Keenan  emmena  Cherokee pour le soigner.  Celui-ci  se débattait  furieusement.

Croc Blanc  n’arrivait pas  à se relever.  Sa langue  pendait  hors de sa bouche.  Beauty  s’approcha.  Scott  lui dit :

« Je t’achète  ce chien  à demi mort  pour  150  dollars.

-Je ne  le vends pas,  répondit  Beauty.

-Alors,  tu prends  cet argent maintenant,  ou  tu préfères  que je  t’assomme ?

-Je prends  l’argent,  mais c’est du vol !  Je préviendrai  la police !

-Ha ha !  Si  je te vois  encore à  Dawson,  je te fais  chasser  de la ville, compris ? »

Beauty Smith  s’éloigna,  mécontent,  et demanda  à  un groupe d’hommes :

«  Quelqu’un le connaît  cet emmerdeur ?

– C’est Weedon Scott,  un ingénieur.  Il travaille  à la mine.  Attention,  il est copain  avec le commissaire  de Dawson,  il pourrait  te faire  mettre en prison  si tu cherches  à l’ennuyer !

– Il a de la chance.  Sinon  je lui  aurai mis  une de ces  raclées ! »

 

 


>>>>   Chapitre  VIII  –  1/  >>>> 

 

 

 

 

Croc Blanc, chapitre VII – le maitre fou, 1/

Avec  Beauty  Smith,  ce maître fou,  Croc Blanc  devint  un vrai diable.  Beauty  Smith  le gardait enchaîné  dans un enclos   derrière le fort.  Il venait  le voir  souvent et là,  il s’amusait  à l’énerver  le plus possible  pour que le chien-loup  devienne  une vraie brute sauvage.

Beauty  éclatait de rire  en regardant  son  loup.  Il avait compris  que Croc Blanc  devenait très enragé  quand on se moquait de lui,  alors  il le montrait du doigt  en riant et  en lui donnant  des  coups  de bâton.

Lorsque  il  riait de lui,  Croc Blanc  tirait  de toutes ses forces  sur sa chaîne et  devenait lui aussi  complètement fou.

Il était déjà  l’ennemi des chiens,  mais,  à cause  de la méchanceté  de ce maître, il devint aussi l’ennemi  des hommes blancs.  Il se mit  à haïr  tout ce qui bougeait,  tout ce qui l’entourait.  Il haïssait sa chaîne  et  son enclos,  il  haïssait  les hommes qui venaient le voir.  Mais surtout,  il haïssait  Beauty Smith.

Un jour,  Beauty amena plusieurs hommes blancs   autour de l’enclos.  Il entra avec un bâton,  détacha Croc Blanc  et ressortit rapidement.  Le loup  tourna  en  rond  dans l’enclos,  puis  se jeta  contre les planches  en essayant  de mordre  les hommes  qui l’entouraient.

chien_agressif

Croc-Blanc  avait  beaucoup  grandi.  Il  était long de plus d’un mètre cinquante,  haut  de quatre-vingt centimètres,  plus gros  et  plus beau  qu’un loup adulte.  Avec  ses muscles d’acier,  ses crocs brillants  et sa haine  pour le monde entier,  il était devenu  une machine à tuer.

La porte de l’enclos  s’ouvrit de nouveau,  un énorme chien  fut poussé  à l’intérieur  puis la porte se referma.  Croc Blanc comprit  qu’il pouvait en profiter  pour se venger et vider sa haine.  Il bondit  sur la bête  et lui déchira  l’épaule  d’un coup de croc,  rapide comme l’éclair.  Le chien secoua la tête,  gronda et sauta sur Croc Blanc.  Mais le jeune loup  bondissait  à droite, à gauche,  en avant, en arrière,  s’échappant toujours  à la dernière seconde.

Les hommes hurlaient  et applaudissaient,  ils  faisaient  des  paris  avec  de l’argent.  Beauty  était très heureux.  Le chien n’avait  aucune chance.  Il était trop lent  et trop prudent,  alors que Croc Blanc  était décidé à le tuer.

combat loup

Quand tout fut terminé,  Beauty  frappa le loup avec un bâton  et traîna  le chien mort au dehors.

Les hommes qui avaient parié  sur le chien avaient  perdu, ils  donnèrent l’argent à  Beauty  qui  organisa  d’autres  combats.

Croc Blanc   attendait  les combats  avec impatience.   C’était son  seul plaisir.    Il pouvait alors  utiliser  toute sa force  avec toute sa haine  sans être puni.  Il ne perdait  jamais.

Un jour, on fit entrer un vrai loup.  Il le tua.

Un autre jour,  on fit entrer  deux chiens en même temps.  Ce fut  son plus dur combat.  Il faillit mourir,   mais il les tua tous les deux.

 

 

 

 

Croc Blanc, chapitre VI – les ennemis, 5/

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————————

« Donne-moi  beaucoup  de whisky,  dit l’Indien  Castor-Gris  à   Beauty,   et ce chien  est à toi  si tu arrives  à l’attraper !  »

On amena  les bouteilles  à Castor-Gris  et  deux jours  plus tard,  Beauty  revint au camp :

« Attrape ce chien !  dit-il à l’Indien »

Le lendemain soir,  quand   Croc Blanc   vint se coucher  dans la  tente  de Castor-Gris,   l’Indien se leva et lui attacha une corde autour du cou.   Puis il se rassit , en tenant  d’une main le loup , et de l’autre   main   une bouteille d’alcool.

Une heure après,  Croc Blanc  entendit Beauty arriver.  Il essaya  de s’échapper  mais son maître  tint la corde plus fort.   Le mauvais homme  entra  sous la tente,  le loup gronda  et montra les crocs.   La main de Beauty   s’approchait  lentement de lui.  Croc Blanc s’aplatit sur le sol.   La colère  et la peur   le faisait gronder.    Il  essaya   de mordre  la  main,  mais  elle  fut plus rapide   et   les crocs   claquèrent dans le vide.

Beauty était furieux  et avait  eu   peur.   Castor Gris frappa le jeune loup qui se coucha par terre.

Beauty Smith  repartit  et  revint  avec  un gros bâton.  Il saisit la corde  et  commença à tirer.  Croc Blanc  refusait d’avancer.  Il essaya  de mordre  son ennemi  au bras  mais il reçut  un terrible  coup de bâton  sur le dos.  Beauty  tira à nouveau  sur la laisse  et Croc Blanc  le suivit  jusqu’au Fort,  en tremblant  et grondant,  la tête basse.

Pendant la nuit,  Croc Blanc  qui était attaché  dehors,  coupa la corde  avec ses dents  et s’enfuit.  Il retourna  au camp Indien.

Mais  Castor Gris  l’attacha  et le ramena  le lendemain  à Beauty.  Celui-ci prit  un bâton  et un fouet  et battit Croc Blanc pour le punir. Il  le frappa  fort et longtemps,  avec joie.  C’était sa façon  de se venger  de la nature  qui l’avait rendu  si laid  et si mauvais.  Le loup  hurlait  de douleur.  Il comprenait  pourquoi il était puni.  Il savait  maintenant  que son maître  voulait  qu’il parte  avec ce monstre.

Il n’aimait  pas  Castor Gris  mais  il était fidèle  comme un vrai chien.  C’était lui son maître  et il aurait voulu  rester  avec lui.

La punition  terminée,  Beauty  le ramena  au Fort  et l’attacha  très solidement.

 

 

La nuit suivante,  Croc Blanc  passa  plusieurs heures  à ronger  la corde  et s’enfuit à  nouveau.

Il aurait  du partir  loin  mais l’instinct  de fidélité était plus fort  que la sagesse.

Il retourna  vers Castor Gris.  Le lendemain,  il reçut  une punition  encore plus terrible.  Les deux hommes  étaient  furieux.   Beauty Smith  ne s’arrêta  de frapper  que lorsqu’il eut   mal au bras. Croc Blanc  était  presque mort.  Castor Gris  regardait  sans le protéger.

Beauty ramena le loup au fort  en le traînant  car il ne pouvait  plus marcher.

Il l’attacha  cette fois  à une chaîne  avec un cadenas.  Croc Blanc ne pourrait  plus s’enfuir. Quand Castor-Gris,  malade à cause de l’alcool,  repartit vers le Mackenzie,  le  loup  resta à Fort Yukon, avec  pour maître  un  homme  mauvais  et à moitié fou.

                   

 

FIN  du  chapitre  VI

 

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Ces combats  faciles  contre  les  chiens   devinrent  le  seul jeu  de  Croc Blanc.

Castor-Gris, occupé  à vendre  ses fourrures,  ne s’occupait pas de lui.

La bande des  chiens  de traineau  indiens  suivait toujours  Croc Blanc.

Dès qu’un chien étranger  voyait  Croc Blanc,   il sentait   que c’était  un loup,  différent, sauvage et dangereux.    Par instinct,   le  chien  échappait   à son maître et se jetait sur  Croc Blanc.  Mais  le  loup,  plus fort,  le blessait à mort.

 

Les  autres chiens  de traîneau   dévoraient   le  malheureux  chien étranger  dès que Croc Blanc s’était éloigné.

Croc Blanc  avait pris  l’habitude  de tuer les chiens  car ceux-ci  l’attaquaient toujours.   Il était devenu  féroce et brutal  à cause  de tout  ce qu’il  avait vécu auparavant.

Si Liplip  ne l’avait pas poursuivi  quand il était petit,  il aurait pu  grandir  avec les autres chiots  et aurait pu  les aimer.  Si Castor-Gris  avait été  moins brutal  et plus gentil,   Croc Blanc  aurait pu apprendre l’amour.

 

Les hommes blancs de Fort Yukon étaient divisés en deux clans.

Ceux qui   habitaient là  depuis longtemps  n’aimaient  pas  les hommes  qui arrivaient  en bateau  par le fleuve.   Ils  les  méprisaient.

 

 

 

Ces deux groupes  se disputaient souvent,  par  exemple  pour une histoire de pain  :  les anciens  habitants   ne mettaient pas  de levain  dans  la pâte à pain,  leur  pain  était  plat.  Alors que les nouveaux   mettaient  du  levain  pour  faire  gonfler  leur  pain.

                                

 

De plus,  les  gens   se moquaient  des nouveaux arrivants  qui avaient  beaucoup de difficultés  pour s’habituer  à la dure vie  de Fort Yukon.

Ils trouvaient  très amusant  que Croc Blanc  tue leurs chiens.  Chaque fois qu’un bateau arrivait,  ils laissaient leur travail  et allaient regarder   les   attaques du loup et de sa bande de chiens  indiens.

Les  victoires  du  jeune  loup  les  faisaient  beaucoup  rire.

 

 

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