Croc-Blanc, chapitre IX – Le voyage, 1/

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Scott  descendit  du bateau  à  San Francisco.

Croc Blanc  fut  très étonné  et effrayé.

Il comprit  que  les hommes  étaient  vraiment  très puissants.

Ils  n’habitaient pas  dans  des tentes, ni  dans  des  cabanes en bois,  mais  dans  de  hauts immeubles.

Il  y avait  des camions,  des voitures,  d’énormes chariots.  Tout ceci  faisait  beaucoup  de bruit  et de fumée.

Croc Blanc  était  terrorisé.  Il  ne lâchait  pas  son maître.  Il  se sentait  perdu  comme  un petit bébé.

Et  les hommes  étaient  si nombreux !  C’était  comme  un cauchemar.

Plus tard,  son maître  le fit  monter  dans  un  wagon puis  ressortit  et l’enferma.

Croc blanc  crut  qu’il  l’avait  de nouveau  abandonné.   Soudain,  un  bruit  nouveau  et  des  vibrations,  le  train  démarrait.  Le  chien-loup  tremblait  de peur.

Heureusement,  il trouva  au fond  du wagon  les bagages  de Scott  et reconnut son odeur.       Il  resta  couché  dessus  pendant  tout le voyage.

Quand Croc-Blanc  sortit du wagon,  nouvelle surprise  :  la  ville  avait  disparu !

Il n’avait pas compris que le train s’était déplacé.

 

Un homme et une femme les attendaient  sur  le  quai.

Croc Blanc  vit  la femme  s’approcher  de Scott  et ses bras  entourer  le cou  de son maître. Il se mit  à gronder  et  à montrer  les crocs.   Scott  s’approcha  de lui  et dit  à la dame :

« N’aie  pas peur,  maman,  il a cru  que  tu voulais  me faire  du mal.

– Alors  je  ne peux pas  t’embrasser  devant  ce chien  ?

– Si, nous devons  lui faire  comprendre  que  ce n’est pas  dangereux  pour moi. »

Scott  calma  Croc Blanc  et lui  dit  de rester  couché  à côté  de lui,  puis  il  embrassa  de nouveau  sa mère.  Croc Blanc  gronda,  prêt à bondir.

« Couché,  le chien !  répétait  Scott. »

Le chien loup  vit  que  son maître  riait  et comprit  qu’il  ne  lui arrivait  rien de mal.

Scott  et  ses  parents  montèrent   dans une voiture   tirée  par des chevaux  et  Croc Blanc  courut à côté.

 

Ils  arrivèrent  dans  une grande maison  au fond  d’un  parc.

Le paysage  était  très beau.

 

Un gros chien  de berger  se jeta  sur lui.

Comme  à son habitude,  le loup  allait  se défendre  et  tuer  le  chien,    mais  il  se rendit compte  que  c’était  une femelle.

Il savait  qu’un  mâle  n’attaque  jamais une femelle.

Mais la chienne, elle,  sentait  que ce chien  était  différent, dangereux  et sauvage.  Elle  le mordit  au cou.  Croc Blanc  essaya de s’éloigner.

Heureusement,  l’homme  arriva  et  appela :  « Ici, Collie ! ».   Scott se mit à rire.

« Laisse-la  père.  Il faut  que  mon loup  apprenne  à se débrouiller  avec elle. »

Croc Blanc réussit  à faire tomber  la chienne  en lui donnant  un coup d’épaule.

Mais  un autre  chien  l’attaqua et le renversa.  Croc Blanc  se releva, furieux.   Il aurait  tué le chien  si Scott  n’était  pas  arrivé  pour le retenir.

D’autres  personnes  étaient sorties  de la maison  et  embrassaient  Scott.

Croc Blanc  les laissa  faire  mais  personne  ne put  s’approcher de lui  car  il grondait  et faisait peur à tout le monde.

Scott dit à son père :

« Ne laissons  pas le loup  avec  les chiens  dehors.  Il  pourrait  tuer  le mâle.

– D’accord,  fais  le rentrer  dans  la maison. »

Croc Blanc entra,  examina  soigneusement  l’intérieur  de  la pièce,  et  se coucha  aux pieds  de son maître.

 

 

 

 

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Croc-Blanc, chapitre VIII – Le maître d’amour, 4/

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Quelques semaines  plus tard,  Scott devait repartir travailler  dans  une grande ville du Sud : San Francisco.

Croc Blanc  avait remarqué  que quelque chose  se préparait.  Il voyait  son maître préparer  ses bagages.  Il  se traînait  toujours  derrière lui  en gémissant.

« Il comprend  que tu  vas partir,  dit Matt.

_  Je  ne  vais  quand même  pas  l’emmener  en Californie !

_ C’est  bien  ce  qu’il espère : que tu  l’emmènes avec toi.

_ Tu  sais bien  que  c’est impossible !   Il est  trop sauvage,  il tuerait  tous les chiens  de la région !  Je  ne pourrai pas  le garder.

_ Bien sûr mais…

_ Mais quoi ? cria Scott.

_ Et bien….

_  Ah !  Ne m’énerve  pas !  Je sais  très bien  ce que  je dois  faire !  »

La veille  du  départ,  Croc Blanc  ne mangea  rien  et  il hurla  comme si  son maître  était mort.

Le lendemain,  il  se  colla  aux  jambes  de son maître  en gémissant.

Au moment de partir,  Scott  s’assit  à côté de lui  et  lui dit :

« Je te comprends,  mon loup.  Mais  je ne peux  vraiment pas  t’emmener  là  où je vais.   Je suis obligé  de  te laisser  ici.   Allez, disons    nous adieu…. »

Croc Blanc  se blottissait  contre son maître.

 

Soudain,  on entendit  la sirène du bateau.

Les deux hommes  enfermèrent  le loup  dans  la cabane et  allèrent sur le quai.

Ils entendaient Croc Blanc hurler et gémir.

« Soigne le bien,  dit Scott  à  Matt.  Et  écris-moi  pour me dire  comment il va. »

Au moment  de dire  au revoir  à son ami,  il  aperçut  Croc Blanc  sur le quai  !

« Regarde !  Tu avais  bien  fermé les portes ?

_Il saigne. Il a dû  casser  la vitre de la fenêtre. »

Scott  s’approcha  du loup  et  lui posa  la main  sur la tête.

La sirène du bateau  annonça  le départ.

« Adieu  Matt.  Finalement,  tu n’auras  pas besoin  de m’écrire  pour  Croc Blanc,  il  vient  avec  moi.

_Quoi ?  Tu vas  l’emmener ?

_Oui,  c’est moi  qui  t’écrirai  pour te donner  de ses nouvelles !

_ Tu es fou !  Il  ne  supportera  pas  la chaleur  avec  sa  fourrure  !

Pense à  lui  couper ses  poils  !  »

Scott  monta  dans  le  bateau  avec  son  loup.

Puis  la  sirène  retentit  encore,  et  le  bateau s’éloigna du quai  avec ses nombreux voyageurs  et  un  loup.

 

 

 

fin du chapitre VIII  (8)

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Croc-Blanc, chapitre VIII – Le maître d’amour, 1/

Assis  à l’entrée  de  leur cabane,   Matt  et Scott  regardaient  Croc Blanc.

Weedon  Scott  était  ingénieur  à  la  mine,  Matt  était  son  maître  d’attelage.  C’est  lui  qui  conduisait  le  traineau  et  s’occupait  des  chiens.

 

Depuis  deux  semaines,   Crox-Blanc  était  attaché  près  de   la  maison.   Ses  blessures  avaient  guéri  mais  le  loup  se  montrait  très  sauvage.

Le loup  tirait  de toutes ses forces  sur sa chaîne,  le poil  hérissé,  grondant  et aboyant  vers  les chiens  de Matt.   Ses  chiens  avaient  essayé  d’attaquer  le jeune loup,   mais  ils avaient   reçu  des coups de bâton  et  ils  avaient compris  qu’il ne fallait   pas  s’approcher.

« C’est un loup,  dit Scott,  nous  ne pourrons  jamais  l’apprivoiser.

– Ce n’est pas sûr,  j’ai  l’impression  qu’il  a  déjà  été apprivoisé,   et   qu’il  y a  du  chien  en lui,  répondit  Matt.

–  C’est impossible,  il est  complètement  sauvage !

– Mais non, regardez  :  il y a  des  traces  de lanières  sur sa poitrine,  dit Matt.   Cela veut dire  qu’il a déjà tiré  un traîneau !

– Ah !  Tu as raison Matt,  il  a du  être  attelé   avant  d’arriver   chez   Beauty Smith.

– Alors il  devrait  pouvoir  recommencer  à  tirer  un  traineau.

– Oh non,  c’est impossible !   Cela fait  deux semaines   que  je l’ai acheté   et  il est  de plus  en plus  sauvage !

– Laisse – moi essayer ! »

Matt  prit un bâton  et  s’approcha  de Croc Blanc.  Le chien loup  le  regarda.   Il surveillait surtout  le bâton.  L’homme  le détacha  et recula.  Croc Blanc  fut très surpris  d’être  libre. Il fit  quelques pas  en direction  de Matt  et fut aussi  surpris  de  ne pas  recevoir  des coups de bâton.

« Pauvre bête,  je vais  lui chercher  de la viande,  dit  Scott. »

Il   lui lança  un beau morceau  de viande rouge,  mais   un chien  se jeta  dessus.

« Major,  viens  ici !   hurla Matt »

C’était trop tard.  Croc Blanc  avait  attaqué  le chien  et  lui avait  déchiré  la gorge.

Matt s’approcha   du loup  avec son bâton  mais  il fut mordu  aussi à la jambe.

Scott dit alors :

« Tu vois,  il n’y a  rien à faire  avec ce loup.  C’est un vrai diable,  et  tu voudrais  qu’il devienne doux  comme un agneau…  Tuons le !

-Attends,  il  a  tué   ce chien  qui voulait  lui prendre  son  repas !   Laissons-lui  encore  une  chance !

Scott  répondit  qu’il  voulait  bien  essayer  encore,  il   s’approcha  de Croc Blanc  en  lui  parlant  doucement.

Croc  Blanc  se  méfiait.  Il  venait  de  tuer  un  chien  et  il  s’attendait  à  être  de  nouveau  battu.   Scott  s’approcha  encore  de  lui   et   il  essaya  de  le caresser.   Le  chien loup  gronda,  la  main  s’approcha  encore,  alors  il   mordit   la main.

Scott  hurla  de douleur.

Matt  alla  chercher  une  carabine   :

« Tu avais raison. Il faut le tuer.

– Non ! Non !    Tu  as  dit  qu’il  fallait  lui  laisser  une  chance.     Tu  as  vu   comme  il  te regarde ?    Il   reconnaît une arme.  Laissons lui  encore  du temps.

– D’accord,  cet animal  a l’air  très intelligent,  nous n’avons pas le droit de le tuer.

 

>>> chapitre VIII, 2/ >>>

 

Croc Blanc, chapitre VII – 3/

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Soudain, Beauty Smith  s’avança  vers  les chiens  et montra  Croc Blanc  en  se  moquant  de lui.   Ceci  redonna  de la rage  et  de la force  au loup.  Il réussit  à se relever.  Il  se remit  à courir  mais  retomba  car  il était  épuisé.

Tout le monde criait : « Cherokee ! Cherokee ! »

Le bulldog  allait tuer  le loup  quand  on entendit   un traîneau  arriver.

Ce traîneau  était  conduit  par  un homme  moustachu  et un autre homme,  plus jeune  et  plus grand.  Ils vinrent  regarder  le combat.

Croc Blanc  allait  mourir.  Beauty Smith,  furieux,  lui donnait  des coups de pied  pour le réveiller  :  si son chien-loup  mourait,  il n’aurait  plus  d’argent.

Le jeune homme  qui venait d’arriver  se jeta sur lui  et lui envoya  un  terrible  coup de poing.  Il  se mit  à crier :

« Sale brute !  Vous êtes  tous des brutes ! »   Il était  très  en colère.  Il  appela  son ami :

« Matt !  Viens  m’aider ! »

Matt  attrapa  Croc Blanc  et  le jeune homme  essaya  de tirer  le bulldog  en arrière.  Mais celui-ci  mordait  toujours  le loup  et  refusait de le lâcher.  Les spectateurs  étaient  mécontents.

L’homme criait toujours :  « Vous êtes des brutes !

-Arrête  Scott,  dit Matt,  on  n’ y  arrivera  pas  comme  ça.

-Mais il  va mourir !  Ce bulldog  va  le tuer  ! »

Scott  se mit  à cogner  de toutes ses forces  sur la tête  de  Cherokee  qui ne lâchait  toujours pas  Croc Blanc.  Alors Scott  sortit  son revolver.  Il le glissa  dans la gueule  du bulldog et  donna des coups  sur ses dents.

« Eh !  Faut pas  lui casser  les dents !  Cria  Keenan.

-Tu préfères  que je  lui casse  le cou ?

-J’ai dit  de pas  lui casser  les dents !

-Il est  à toi ?

-Oui,  c’est  mon chien !

-Pourquoi  tu ne l’obliges pas  à lâcher  ce pauvre  loup ?

-J’ai  pas envie ! »

Scott  lui tourna  le dos  et continua  d’écarter  les dents  du bulldog  avec  son revolver.  Il réussit  enfin  à dégager  Croc Blanc.

« Maintenant,  tu peux  t’occuper  de ton chien ! »

Keenan  emmena  Cherokee pour le soigner.  Celui-ci  se débattait  furieusement.

Croc Blanc  n’arrivait pas  à se relever.  Sa langue  pendait  hors de sa bouche.  Beauty  s’approcha.  Scott  lui dit :

« Je t’achète  ce chien  à demi mort  pour  150  dollars.

-Je ne  le vends pas,  répondit  Beauty.

-Alors,  tu prends  cet argent maintenant,  ou  tu préfères  que je  t’assomme ?

-Je prends  l’argent,  mais c’est du vol !  Je préviendrai  la police !

-Ha ha !  Si  je te vois  encore à  Dawson,  je te fais  chasser  de la ville, compris ? »

Beauty Smith  s’éloigna,  mécontent,  et demanda  à  un groupe d’hommes :

«  Quelqu’un le connaît  cet emmerdeur ?

– C’est Weedon Scott,  un ingénieur.  Il travaille  à la mine.  Attention,  il est copain  avec le commissaire  de Dawson,  il pourrait  te faire  mettre en prison  si tu cherches  à l’ennuyer !

– Il a de la chance.  Sinon  je lui  aurai mis  une de ces  raclées ! »

 

 


>>>>   Chapitre  VIII  –  1/  >>>> 

 

 

 

 

Croc Blanc, chapitre VII – le maitre fou, 1/

Avec  Beauty  Smith,  ce maître fou,  Croc Blanc  devint  un vrai diable.  Beauty  Smith  le gardait enchaîné  dans un enclos   derrière le fort.  Il venait  le voir  souvent et là,  il s’amusait  à l’énerver  le plus possible  pour que le chien-loup  devienne  une vraie brute sauvage.

Beauty  éclatait de rire  en regardant  son  loup.  Il avait compris  que Croc Blanc  devenait très enragé  quand on se moquait de lui,  alors  il le montrait du doigt  en riant et  en lui donnant  des  coups  de bâton.

Lorsque  il  riait de lui,  Croc Blanc  tirait  de toutes ses forces  sur sa chaîne et  devenait lui aussi  complètement fou.

Il était déjà  l’ennemi des chiens,  mais,  à cause  de la méchanceté  de ce maître, il devint aussi l’ennemi  des hommes blancs.  Il se mit  à haïr  tout ce qui bougeait,  tout ce qui l’entourait.  Il haïssait sa chaîne  et  son enclos,  il  haïssait  les hommes qui venaient le voir.  Mais surtout,  il haïssait  Beauty Smith.

Un jour,  Beauty amena plusieurs hommes blancs   autour de l’enclos.  Il entra avec un bâton,  détacha Croc Blanc  et ressortit rapidement.  Le loup  tourna  en  rond  dans l’enclos,  puis  se jeta  contre les planches  en essayant  de mordre  les hommes  qui l’entouraient.

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Croc-Blanc  avait  beaucoup  grandi.  Il  était long de plus d’un mètre cinquante,  haut  de quatre-vingt centimètres,  plus gros  et  plus beau  qu’un loup adulte.  Avec  ses muscles d’acier,  ses crocs brillants  et sa haine  pour le monde entier,  il était devenu  une machine à tuer.

La porte de l’enclos  s’ouvrit de nouveau,  un énorme chien  fut poussé  à l’intérieur  puis la porte se referma.  Croc Blanc comprit  qu’il pouvait en profiter  pour se venger et vider sa haine.  Il bondit  sur la bête  et lui déchira  l’épaule  d’un coup de croc,  rapide comme l’éclair.  Le chien secoua la tête,  gronda et sauta sur Croc Blanc.  Mais le jeune loup  bondissait  à droite, à gauche,  en avant, en arrière,  s’échappant toujours  à la dernière seconde.

Les hommes hurlaient  et applaudissaient,  ils  faisaient  des  paris  avec  de l’argent.  Beauty  était très heureux.  Le chien n’avait  aucune chance.  Il était trop lent  et trop prudent,  alors que Croc Blanc  était décidé à le tuer.

combat loup

Quand tout fut terminé,  Beauty  frappa le loup avec un bâton  et traîna  le chien mort au dehors.

Les hommes qui avaient parié  sur le chien avaient  perdu, ils  donnèrent l’argent à  Beauty  qui  organisa  d’autres  combats.

Croc Blanc   attendait  les combats  avec impatience.   C’était son  seul plaisir.    Il pouvait alors  utiliser  toute sa force  avec toute sa haine  sans être puni.  Il ne perdait  jamais.

Un jour, on fit entrer un vrai loup.  Il le tua.

Un autre jour,  on fit entrer  deux chiens en même temps.  Ce fut  son plus dur combat.  Il faillit mourir,   mais il les tua tous les deux.

 

 

 

 

Croc Blanc, chapitre VI – les ennemis, 5/

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————————

« Donne-moi  beaucoup  de whisky,  dit l’Indien  Castor-Gris  à   Beauty,   et ce chien  est à toi  si tu arrives  à l’attraper !  »

On amena  les bouteilles  à Castor-Gris  et  deux jours  plus tard,  Beauty  revint au camp :

« Attrape ce chien !  dit-il à l’Indien »

Le lendemain soir,  quand   Croc Blanc   vint se coucher  dans la  tente  de Castor-Gris,   l’Indien se leva et lui attacha une corde autour du cou.   Puis il se rassit , en tenant  d’une main le loup , et de l’autre   main   une bouteille d’alcool.

Une heure après,  Croc Blanc  entendit Beauty arriver.  Il essaya  de s’échapper  mais son maître  tint la corde plus fort.   Le mauvais homme  entra  sous la tente,  le loup gronda  et montra les crocs.   La main de Beauty   s’approchait  lentement de lui.  Croc Blanc s’aplatit sur le sol.   La colère  et la peur   le faisait gronder.    Il  essaya   de mordre  la  main,  mais  elle  fut plus rapide   et   les crocs   claquèrent dans le vide.

Beauty était furieux  et avait  eu   peur.   Castor Gris frappa le jeune loup qui se coucha par terre.

Beauty Smith  repartit  et  revint  avec  un gros bâton.  Il saisit la corde  et  commença à tirer.  Croc Blanc  refusait d’avancer.  Il essaya  de mordre  son ennemi  au bras  mais il reçut  un terrible  coup de bâton  sur le dos.  Beauty  tira à nouveau  sur la laisse  et Croc Blanc  le suivit  jusqu’au Fort,  en tremblant  et grondant,  la tête basse.

Pendant la nuit,  Croc Blanc  qui était attaché  dehors,  coupa la corde  avec ses dents  et s’enfuit.  Il retourna  au camp Indien.

Mais  Castor Gris  l’attacha  et le ramena  le lendemain  à Beauty.  Celui-ci prit  un bâton  et un fouet  et battit Croc Blanc pour le punir. Il  le frappa  fort et longtemps,  avec joie.  C’était sa façon  de se venger  de la nature  qui l’avait rendu  si laid  et si mauvais.  Le loup  hurlait  de douleur.  Il comprenait  pourquoi il était puni.  Il savait  maintenant  que son maître  voulait  qu’il parte  avec ce monstre.

Il n’aimait  pas  Castor Gris  mais  il était fidèle  comme un vrai chien.  C’était lui son maître  et il aurait voulu  rester  avec lui.

La punition  terminée,  Beauty  le ramena  au Fort  et l’attacha  très solidement.

 

 

La nuit suivante,  Croc Blanc  passa  plusieurs heures  à ronger  la corde  et s’enfuit à  nouveau.

Il aurait  du partir  loin  mais l’instinct  de fidélité était plus fort  que la sagesse.

Il retourna  vers Castor Gris.  Le lendemain,  il reçut  une punition  encore plus terrible.  Les deux hommes  étaient  furieux.   Beauty Smith  ne s’arrêta  de frapper  que lorsqu’il eut   mal au bras. Croc Blanc  était  presque mort.  Castor Gris  regardait  sans le protéger.

Beauty ramena le loup au fort  en le traînant  car il ne pouvait  plus marcher.

Il l’attacha  cette fois  à une chaîne  avec un cadenas.  Croc Blanc ne pourrait  plus s’enfuir. Quand Castor-Gris,  malade à cause de l’alcool,  repartit vers le Mackenzie,  le  loup  resta à Fort Yukon, avec  pour maître  un  homme  mauvais  et à moitié fou.

                   

 

FIN  du  chapitre  VI

 

>>>  chapitre VII, 1/ >>>>

 

 

 

Croc Blanc, chapitre VI – les ennemis, 3/

<<<<  chapitre  VI, 2/

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Ces combats  faciles  contre  les  chiens   devinrent  le  seul jeu  de  Croc Blanc.

Castor-Gris, occupé  à vendre  ses fourrures,  ne s’occupait pas de lui.

La bande des  chiens  de traineau  indiens  suivait toujours  Croc Blanc.

Dès qu’un chien étranger  voyait  Croc Blanc,   il sentait   que c’était  un loup,  différent, sauvage et dangereux.    Par instinct,   le  chien  échappait   à son maître et se jetait sur  Croc Blanc.  Mais  le  loup,  plus fort,  le blessait à mort.

 

Les  autres chiens  de traîneau   dévoraient   le  malheureux  chien étranger  dès que Croc Blanc s’était éloigné.

Croc Blanc  avait pris  l’habitude  de tuer les chiens  car ceux-ci  l’attaquaient toujours.   Il était devenu  féroce et brutal  à cause  de tout  ce qu’il  avait vécu auparavant.

Si Liplip  ne l’avait pas poursuivi  quand il était petit,  il aurait pu  grandir  avec les autres chiots  et aurait pu  les aimer.  Si Castor-Gris  avait été  moins brutal  et plus gentil,   Croc Blanc  aurait pu apprendre l’amour.

 

Les hommes blancs de Fort Yukon étaient divisés en deux clans.

Ceux qui   habitaient là  depuis longtemps  n’aimaient  pas  les hommes  qui arrivaient  en bateau  par le fleuve.   Ils  les  méprisaient.

 

 

 

Ces deux groupes  se disputaient souvent,  par  exemple  pour une histoire de pain  :  les anciens  habitants   ne mettaient pas  de levain  dans  la pâte à pain,  leur  pain  était  plat.  Alors que les nouveaux   mettaient  du  levain  pour  faire  gonfler  leur  pain.

                                

 

De plus,  les  gens   se moquaient  des nouveaux arrivants  qui avaient  beaucoup de difficultés  pour s’habituer  à la dure vie  de Fort Yukon.

Ils trouvaient  très amusant  que Croc Blanc  tue leurs chiens.  Chaque fois qu’un bateau arrivait,  ils laissaient leur travail  et allaient regarder   les   attaques du loup et de sa bande de chiens  indiens.

Les  victoires  du  jeune  loup  les  faisaient  beaucoup  rire.

 

 

>>>> chapitre VI,  4/ >>>>>

 

 

 

 

Croc-Blanc, chapitre VI – les ennemis , 2/

<<<< chapitre VI, 1/

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Le  chien  Lip-Lip  étant  mort  de  faim,  Croc Blanc   devint   chef   d’attelage  pour  tirer  le  traineau.

Il courait  en  tête  . On lui donnait  alors  les meilleurs  morceaux de viande   mais   les autres chiens   le détestèrent.   Maintenant,  il devait  lui aussi  courir  le plus vite possible  en tirant  le traîneau  pour  ne pas être mordu.   Il  ne pouvait pas  se défendre  à cause du fouet  du  jeune  Indien  Mit-Sah.  Il devint l’ennemi  de tous les chiens.

chiens traineau

 

Le soir,  il les attaquait  pour se venger.  Les chiens  sentaient bien  qu’il était différent, plus sauvage,  et ils ne l’aimaient pas.  Ils voulaient  le tuer.  Ils l’attaquaient   à plusieurs. Mais  Croc Blanc  était  toujours  le plus fort.

Croc Blanc  allait avoir  cinq ans.   Son maître   l’emmena  faire  un autre voyage  à travers  les Montagnes Rocheuses.

Dès  qu’il rencontrait  un chien seul,   il se jetait  sur lui  et le tuait.   Il était  devenu un vrai champion  dans ces bagarres  contre les chiens.   La lutte  ne durait  jamais très longtemps.   Comme ses frères,  les loups sauvages,  il savait  se tenir  à l’écart de l’adversaire  et bondir  au bon moment.   Il n’était presque  jamais blessé.

 

Ils  arrivèrent  à  Fort  Yukon ,  en  Alaska,  durant  l’été  1898.  Des  milliers  de  personnes  qui  cherchaient  de  l’or  passaient  pas  là  et  s’arrêtaient  quelques  jours.

 

Castor-Gris  avait  apporté  dans  son  traineau  des  fourrures,  des  moufles,  des  mocassins.  Il  put  les  vendre  très  cher.

C’était  la  première  fois  que Croc-Blanc  vit  des hommes blancs.  Ils  étaient  peu  nombreux,  habitaient  des  maisons  en  bois.

Tous  les  2  ou 3  jours,  un  grand  bateau  apparaissait,  des  hommes  blancs  descendaient  pour  quelques  heures  puis  repartaient.

 

Ces  hommes  blancs  paraissaient  très  puissants,  et   leurs  chiens  étaient  étonnants :  des  petits,  des  grands,  des  animaux  à  pattes  courtes,  d’autres  à  longues  pattes.  Leurs  poils  étaient  parfois  si  court  qu’on  dirait  qu’ils  n’en  avaient  pas.

Ces  chiens  ne  savaient  pas  se battre.  Croc-Blanc  les méprisa  et il s’amusait  à les tuer.

bagarre

Quand  un chien  d’homme  blanc  arrivait,  en  voyant  le  loup,  il  aboyait  et se jetait  sur lui.  Croc-Blanc sautait  sur le côté,  faisait tomber  son adversaire  sur le dos  et  l’égorgeait.  Puis il filait  se cacher.  Les  autres  chiens  indiens  se jetaient  sur la victime.  Un jour,  un homme  blanc  en  colère  prit  son revolver  et  tua  6  chiens  indiens.

 

Croc-Blanc  comprit  que  les  armes à feu  étaient  très  puissantes.

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>>>>>  chapitre VI, 3/

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Croc-Blanc – présentation

 

 

Vous  trouverez  ici  une  adaptation du roman  « Croc-Blanc »  de  Jack London,  en  français  facile à  lire  et à  comprendre.

 

CROC-BLANC,  publié  en   1906,  traduit  en  français  en  1923,  est  l’histoire  d’un  chien-loup  dans  le  Grand  Nord  de l’Amérique.

Cet  animal  naît  dans  la nature  sauvage  puis  découvre  les  Hommes.  Il est  capturé,  apprivoisé,  dressé  pour  faire  des  combats  de  chiens.  Il  se  retrouve  avec  un  maître cruel  puis  est  adopté  par  une famille.

Ce  livre   a  été   adapté  plusieurs  fois  au  cinéma.

Un film franco-italien réalisé par Lucio Fulci, sorti en 1973.

Un  film   américain  a  été   réalisé   en  1991   par  Randal  Kleiser.

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Les  chapitres  seront  postés  ici  petit  à  petit,  vous  pourrez  suivre  cette  aventure  passionnante  au  rythme  des  publications.


  1. chapitre I >>>>
  2. chapitre  II >>>>
  3. chapitre  III >>>>
  4. chapitre  IV >>>>

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Croc Blanc, chapitre IV – Croc Blanc rencontre les hommes, 5/

<<< chapitre IV, 4 <<<


 

Castor Gris  donna  Kiche, la louve,  à un autre Indien,  Trois Aigles.

Celui-ci  partit  le lendemain  pour un long voyage.  Le louveteau   vit sa mère   emmenée sur la pirogue   de Trois Aigles.   Il se jeta à l’eau et   essaya de la rejoindre.

pirogue

Mais l’Indien lui donna  un violent coup de rame  qui l’assomma à moitié.   La pirogue s’éloigna rapidement.

Castor Gris  avait vu  Croc Blanc   et  l’attrapa par la peau du cou.  Il  lui donna  une bonne raclée  pour le punir  de s’être échappé.  Le louveteau  essaya de se défendre  mais les coups furent  encore plus forts.

Croc Blanc eut très peur.  C’était  la première fois  qu’un homme  le frappait ainsi.  Il se mit à hurler.  Castor Gris vit  qu’il avait compris  la punition  alors il arrêta  de le frapper. Puis il jeta  Croc Blanc au fond  d’une pirogue  et s’élança sur le fleuve.

Il donna un coup de pied à Croc Blanc qui le gênait pour prendre la rame.  Croc Blanc eut alors un mouvement de récolte :  il mordit l’Indien au pied !

Castor Gris se mit à nouveau très en colère. Il saisit la rame et se mit à  le  frapper encore.   Le louveteau  fut rejeté au fond de la pirogue.   Il n’avait plus la force de bouger. Maintenant il savait  qu’il ne fallait  jamais mordre  son maître.

Croc Banc  resta toute la journée  au fond de la pirogue  pendant que l’Indien pêchait.

Le soir, son maître  le jeta sur la berge  et il dut le suivre  en rampant  tant il avait mal.

Quand Liplip  le vit  arriver sans sa mère,  il se jeta sur lui.  Il l’aurait tué  si Castor Gris ne l’avait pas défendu.

Le louveteau  comprit  alors  que son maître  était sévère  mais juste.   Il passa la nuit dans la tente de son maître.   Il ne dormit pas  car il pensait à sa mère  et il était triste de son absence.

 

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Les jours suivants,  il alla  encore se promener vers la forêt.

Il avait toujours  envie de s’enfuir, mais il avait peur de la punition   et il espérait que Trois Aigles   reviendrait avec sa mère.

 

 

La vie au camp  était  quand même  agréable.

Croc Blanc apprenait  peu à peu  la bonne manière  de se conduire  avec son maître.   Il était très obéissant.    En récompense,  Castor Gris   lui apportait   nourriture et protection.  Parfois il lui donnait  un bon morceau de viande,  empêchant  les autres chien  d’approcher.

Il ne le caressait jamais  mais Croc Blanc   commençait à l’aimer   en même temps qu’il le redoutait.

 

Le louveteau  espérait  toujours revoir sa mère.  Il continuait souvent à se battre  avec Liplip.   Les autres chiens aussi  le poursuivait  car il était différent d’eux.

Croc Blanc  acceptait les combats.  Il était fort  et courageux.  Ses adversaires reçurent de féroces morsures.   Quand un seul chien  l’attaquait,  il était souvent le meilleur.

Mais les chiens  l’attaquaient  souvent en groupe.   Le loup se défendait,  souple comme un chat   et rapide comme un serpent.

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Un jour, il tua un chien  en lui plantant  ses crocs  dans la gorge.   Tout le monde voulut punir   Croc Blanc,   mais Castor Gris,   qui avait compris   que les chiens  étaient toujours méchants  avec lui, refusa de le battre.

Mais les autres Indiens  devinrent aussi  méchants,  lui lançant des pierres  dès qu’ils le voyaient.   Croc Blanc  devin t de plus en plus féroce  pour se défendre.

Il finit  par ressembler plus  à un loup sauvage  qu’à un compagnon de l’homme.   Les chiens  n’osaient  même plus  l’attaquer.   Ils étaient même   obligés  de se déplacer en groupe   car dès que Croc Blanc   en voyait  un tout seul,   il lui sautait dessus.

Il devenait  de plus en plus sauvage,  comme ses parents.  Il était devenu un loup  presque adulte, robuste et rapide.   Il n’y avait  plus de place  pour la bonté   et l’amour  dans son cœur.

Il obéissait  à Castor Gris  parce que  c’était le plus fort  mais écrasait  les plus faibles.   Il devint  plus méchant,  plus puissant  et plus rapide   que tous les autres chiens   car il avait été obligé  de se défendre  contre leurs attaques.   Il était nécessaire qu’il devînt plus intelligent  et plus meurtrier  pour survivre.

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fin du  chapitre  IV,   à  suivre  ….