Croc Blanc, chapitre VI – les ennemis, 4/

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Un  homme  s’intéressait  beaucoup  aux  attaques  de  Croc Blanc  contre  les chiens.

Dès qu’il entendait  la sirène  du bateau,  il arrivait en courant  et il repartait  toujours le dernier,  triste que le combat  soit  déjà fini.   Quand  un pauvre chien  du Sud  avait été battu  par Croc Blanc   puis mis en pièces   par les autres chiens,   il sautait de joie.   Il regardait toujours   Croc Blanc   avec un regard  d’envie.

Les habitants du fort  l’avait surnommé  Beauty (beauté  en anglais)  car il  était très laid.

Il était  tout petit,  très maigre  et avait  une tête minuscule, un peu  pointue.

L’arrière de son crâne  était tout plat.  Sous  son front  bas et large,  il avait  de gros yeux  ronds,  écartés.

Son menton  était énorme  et lourd.   On aurait dit  qu’il n’avait pas  de cou.

Ses mâchoires de cheval   portaient  des dents longues et jaunes,  et ses canines,  encore plus longues,  sortaient   entre ses lèvres comme des crocs.

Ses cheveux,  couleur de boue comme ses yeux,  ressemblaient  à de mauvaises herbes  sur sa tête.

Beauty  était  un monstre.  Bien sûr,  cela  n’était pas  de sa faute  s’il était né ainsi.  Il travaillait  au fort,  faisait  la cuisine,  la vaisselle  et  tous les gros travaux.   Les autres hommes  ne l’aimaient pas,  mais ils le laissaient  tranquille.

On avait  peur de lui,  car il avait  des colères terribles.   Il pouvait alors  tirer dans le dos  de quelqu’un ou   empoisonner son café.

Cet homme rêvait  de devenir  le maître  de Croc Blanc.  Il essaya  de  s’approcher  de lui,  mais  le jeune loup  lui montrait  les crocs,   le poil hérissé  et lui tournait le dos.  Il avait   peur  de cet homme  et il ne  l’aimait pas.

Croc Blanc  sentait bien  que Beauty était  mauvais,  dans sa tête  comme dans son corps.  Il décida  qu’il serait  un ennemi.

Beauty  décida  d’aller au campement indien  pour  acheter  le jeune loup  à Castor-Gris.

Croc-Blanc,  en le  voyant  arriver,  s’éloigna rapidement et  regarda de loin.  Il ne comprenait pas  ce qu’ils disaient  mais il vit  l’homme  le montrer du doigt. Il se mit à gronder,  et l’homme  éclata de rire.  Il alla  se cacher  dans la forêt.

Castor-Gris  refusait  de vendre  Croc Blanc.  C’était  son chien  de traîneau  le plus fort  et le meilleur combattant  des régions  du Mackenzie  et du Yukon.  Aucun chien  ne pouvait  le battre.  Il pouvait  tuer un adversaire  aussi facilement  qu’un homme  écrase une mouche.

Mais Beauty  savait  comment discuter  avec les Indiens.  Il revint  souvent voir Castor-Gris,  en amenant  une ou deux bouteilles  de whisky.   Castor-Gris  prit l’habitude  de boire de l’alcool  et il en eut  de plus en plus  besoin.

Son estomac réclamait  de plus en plus  d’alcool.  Son cerveau  eut aussi  de plus en plus  envie de whisky.

 

Il utilisa alors  l’argent  qu’il avait gagné  en vendant  ses fourrures  et les mocassins  pour  acheter  de  l’alcool.  Castor-Gris  avait toujours  plus soif  et il ne comprenait pas  ce qu’il  lui arrivait.  A la fin,  il ne lui resta  plus rien,  ni argent,  ni marchandises.  Il ne lui restait plus   que la soif d’alcool.

 

Alors Beauty  revint  lui parler  de Croc Blanc.   Cette fois , il lui offrait  des bouteilles  en échange du loup.    Finalement, Castor-Gris fut d’accord.

Beauty  devenait  le  propriétaire  de  Croc-Blanc.

 

 

 

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