Croc Blanc – Chapitre II

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Au  bord  du  fleuve

1/

La louve  avait prévenu  ses compagnons  de l’arrivée  des hommes.

Elle avait entendu   la première   le son des voix humaines  et   les aboiements des chiens.   La meute de loups s’était enfuie.

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Le chef, un grand loup gris,  courait en tête.   Il grondait et montrait les crocs chaque fois qu’un jeune loup   essayait de le dépasser.   Seule la louve pouvait courir à ses côtés,  mais chaque fois que le grand loup s’approchait trop d’elle,  elle le mordait à l’épaule.

A la gauche de la louve, il y avait un vieux loup couvert de cicatrices qui n’avait plus qu’un œil.   Un autre jeune loup de trois ans,  fort et souple, essayait de s’approcher de la louve malgré les coups de crocs  et les  grondements du chef   et du vieux loup.

Ce jour là, ils parcoururent un grand nombre de kilomètres.   A l’arrière,  les plus faibles suivaient péniblement.    Les plus forts marchaient devant.   On aurait dit  une armée de squelettes qui avançait comme des mécaniques.

Ils continuèrent leur course toute la nuit et le jour suivant.   Ils  avaient  faim.   A travers  ce désert blanc et froid, ils avançaient, cherchant d’autres proies.

Enfin, dans une plaine au bord de la rivière glacée, ils rencontrèrent un troupeau d’élans.

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Ils se battirent avec un gros mâle. Le grand élan, surpris, fut attaqué de tous côtés.           Il se roula  dans  la  neige,  distribua  des  coups  de  corne  et  de  sabots.  Mais  il s’effondra, un loup déchirant sa gorge.    Le sang coula et il fut dévoré.

C’était une chance pour les loups affamés car cet élan était énorme et il y eut assez de nourriture pour les quarante  estomacs.    Ils purent enfin se reposer.

Les jeunes mâles recommencèrent à jouer et à se battre.

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Au bout de quelques jours, la meute se sépara en deux groupes qui partirent chacun dans une direction.

 

2/

Le troupeau conduit par le grand chef,  la louve et le vieux loup borgne – Un Œil –  se dirigea vers l’Est,  vers le fleuve  Mackenzie  et  la région des lacs.

Chaque jour, mâles et femelles disparaissaient deux par deux.

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La louve et Un Œil coururent deux jours entiers autour d’un camp indien.   La louve était attirée par les hommes.   Mais un coup de fusil claqua  et  ils s’enfuirent  sur les berges du  Mackenzie.

La louve grossissait.  Elle courait  moins vite  et moins longtemps  et elle cherchait de plus en plus à s’isoler.   Elle cherchait une cachette.   A quelques centaines de mètres de la rivière,  elle découvrit  enfin un endroit  en haut de la falaise  dans un creux bien sec.

Elle entra dans cette petite grotte,  renifla dans tous les coins  puis se laissa tomber.     Un Œil la  regardait mais restait à l’entrée.   Quand il eut faim,   il fit signe à la louve de venir chasser avec lui.

C’était le printemps, la neige commençait à fondre  et il savait  qu’il trouverait facilement une proie.   Mais la louve ne voulut pas se lever  alors il s’allongea  et s’endormit.

La faim le réveilla.  Un Œil rampa vers la louve et essaya de la décider à sortir.  Elle montra les crocs.

Alors il partit seul pour chasser. Il couru toute la journée dans la neige molle et sur la glace.  Il vit des lièvres mais ne put pas les attraper.

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Quand il revint à l’entrée de la caverne,  il entendit des sons faibles.  Il essaya de s’approcher de la louve qui grondait  et il entendit des petits cris.   Il se roula en boule pour dormir et le lendemain, il aperçut cinq  petits  louveteaux  vivants entres les pattes de la louve.

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Il renifla vers sa nouvelle famille.  La mère, inquiète, le surveillait et grognait :  elle savait que certains pères loups se jettent sur leurs petits pour les dévorer.   Elle interdisait à Un Œil d’approcher.  Alors Un Œil repartit pour chercher de la nourriture.

pour tout savoir sur le loup en France :

franceloup

 

3/

Après  avoir parcouru  plusieurs kilomètres,   le  loup    trouva enfin des traces d’oiseau. Mais ces traces étaient larges   et il comprit   que c’était un gros oiseau  et que la bagarre  serait difficile.

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En avançant doucement  dans les hautes herbes   au bord du fleuve, il se trouva soudain nez à nez avec un héron.

L’oiseau  essaya de s’envoler  mais le loup  le renversa  par terre  d’un coup de patte,  se jeta sur lui  et le saisit entre ses dents.

Le héron se débattit un court moment   et le loup commença à le manger.   Puis il se souvint tout à coup de sa famille   et reprit le chemin de la grotte   en traînant sa proie.

Il trottait  joyeusement  quand il aperçut  un beau lynx au milieu  du chemin.

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Le  loup  Un Oeil  s’aplatit  sur le sol  et   avança en rampant.   Il déposa  l’oiseau et regarda.

Le lynx voulait attaquer un porc-épic.   L’animal était enroulé dans son épaisse armure d’épines.

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Le lynx attendit,  complètement immobile,  pendant plus d’une heure.

Soudain, le porc-épic  pensa  que son ennemi  était parti  et il commença à se dérouler.   Alors le lynx frappa, rapide comme la foudre.   Ses griffes déchirèrent le ventre du porc-épic mais celui-ci réussit  à lui planter  des   épines dans sa patte.

Le lynx recula   en hurlant de douleur  mais attaqua de nouveau.  Des épines se plantèrent dans son nez.  Alors il s’enfuit en traînant  son museau ensanglanté   dans la neige.

Un Œil   se décida   à avancer  vers le porc-épic qui s’était enroulé.  Le pauvre animal  était blessé  et le loup savait  qu’il était dangereux ;   alors  il le laissa  tranquille.

Il repartit  avec l’oiseau et  arriva à la grotte.   Il donna  sa proie   à la louve   qui comprit qu’Un Œil était un bon père    et le laissa entrer.

fin  du  chapitre  2

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