Croc-Blanc, chapitre VI – la famine, 1/

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Deux ans  plus tard,  il y eut  une terrible famine  dans la région  du Mackenzie.

Le poisson  manqua  tout l’été.  Puis, en hiver,  on ne vit  aucun caribou.  Les élans  étaient rares  et les lièvres  avaient disparu.

Les hommes  avaient très faim.  Les plus faibles,  les malades,  moururent.  Les femmes  et les enfants ne mangeaient rien.  Seuls les chasseurs  mangeaient un tout petit peu  pour avoir  la force d’aller chasser.

Les hommes  se mirent à manger  le cuir  de  leurs moufles  et  de leurs mocassins.

Les chiens  rongeaient les fouets,  les cordes,  les lanières.  Puis les chiens  commencèrent  à se dévorer  entre eux  et les hommes  mangèrent  les chiens.

Croc Blanc  et d’autres chiens  jeunes et courageux  s’enfuirent.  Mais dans la forêt,  ils moururent presque tous de faim  ou dévorés par les loups.

Croc Blanc  survécut  car  il était né dans la nature  et avait appris  à se débrouiller  sans les hommes  dans son enfance.  Il se nourrit  pendant  quelques semaines  en attrapant  du petit gibier.  Il se tenait  caché,  immobile  pendant  des heures,  surveillant  un écureuil  et attendant  qu’il descende  de l’arbre.  Alors  il bondissait  sur le petit animal  et le mangeait.  Mais  les écureuils  disparurent  aussi.   Alors  il s’attaqua  à des mulots  dans leurs terriers  et même  aux féroces belettes.

Un jour,  il rencontra  un jeune loup  maigre  et presque  mort de faim.  Croc Blanc  aurait pu  être  son ami  et retrouver  une meute sauvage.   Mais  il était  si affamé  qu’il se jeta  sur le louveteau, le tua et le mangea.

Croc Blanc  avait  de la chance.  Il trouvait  des animaux  plus faibles  que lui  et  qu’il pouvait manger.  Il dévora  même un lynx  et  le lendemain,  une troupe de loups essaya de l’attraper.   Mais comme  il venait de manger,  il fut  plus rapide  que ses adversaires  et put se sauver.

Croc Blanc  retrouva  la grotte  où il était né.   Il y dormit  quelques  nuits.

Plus tard,  il retrouva   un campement   d’Indiens   au bord du Mackenzie.   Il  l’observa  pendant quelques heures.  Il  entendit  des cris de femmes  et  des rires d’enfants.   Il comprit   que leurs estomacs  étaient pleins.  Une odeur  de poisson grillé  flottait  dans l’air.   La nourriture ne manquait plus  et la famine  s’en était allée.

Alors  il sortit de la forêt  et,   trottant  à travers le village,   vint droit à la tente  de Castor Gris.  Celui-ci  n’était pas là  mais  sa femme   Klou Klouch  reçut Croc Blanc  avec  des cris  de joie.   Elle lui donna  du poisson  et il se coucha  en attendant  le retour   de Castor Gris.

 

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