Croc Blanc, chapitre IV – Croc Blanc rencontre les hommes, 1/

<< CHAPITRE  III  <<<

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Le louveteau  avait quitté  la caverne.  Il avait  chassé  toute la nuit.  Il se sentait  tout joyeux.  En  trottinant,  il descendit au bord  de la rivière  pour boire.

Soudain  il aperçut, et  en même temps,  sentit  des  hommes.  Il  n’avait  jamais vu  d’êtres humains.  Ce fut  sa première  rencontre.

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Les  cinq  hommes ne bougèrent pas  quand ils le virent.  Aucun cri  ne sortit  de leur bouche,  ils ne  bondirent pas  sur  leurs pattes.  Ils le regardaient,  immobiles,  ils n’avaient  pas peur.  C’était  des  Indiens.

Le louveteau  resta aussi là  sans bouger.  Il était  très  étonné.  Il sentait que  ces  êtres étaient  beaucoup  plus puissants  que le faucon  ou le lynx.  Il se sentait  très faible,  malgré  ses muscles  et ses crocs blancs.

Le  louveteau n’avait jamais  vu  l’homme et  pourtant  il le reconnut.  Il sentait  qu’il était plus fort  que  tous les ennemis  du  Grand Nord.  Il  s’aplatit  contre  le sol.

Un  homme se leva  et se dirigea  vers  le petit loup.  Il  s’arrêta  près de lui.  Le  louveteau  s’aplatit  encore plus  en signe  d’obéissance,  au lieu de fuir,  comme  le ferait  un loup adulte.

Il entendit  une  voix dire  en  riant  :

« Regardez  les  beaux  crocs blancs  !  »

Il entendit  les  hommes  rire.  Une  main  s’abaissa  vers  lui.  Il ne savait  pas  s’il  devait  mordre  ou se laisser  caresser.  Finalement  il  mordit  la main  quand  elle fut  tout près.  Alors  il reçut  un violent  coup de poing  sur le museau  et  il  hurla  de douleur.

Il comprit  que cet adversaire  était  beaucoup plus fort  que lui  et  se traîna  à ses pieds.   Puis  il  s’assit et le regarda  comme  pour demander  pardon.  Mais  l’Indien  était furieux  d’avoir  été mordu,  il continua  de le frapper.  Le louveteau  gémit,  les  autres  Indiens  s’approchaient  et se moquaient  de lui.

Soudain,  les hommes  dressèrent  l’oreille.  Le  petit loup  sentit  et  entendit  sa mère  arriver.  La louve  avait  entendu  ses  cris  et arrivait  en  bondissant  et en grondant.

Elle  sauta  au  milieu des hommes  effrayés.  Elle  se  précipita  vers son fils  et se mit  à  grogner  férocement.

Un  homme  cria  « Kiche  ! »

A  cette  voix,  le  louve  s’immobilisa.

« Kiche  ! »

Le louveteau  vit  avec étonnement   sa  mère  mettre son museau  dans la poussière  et s’aplatir  sur le sol.  Elle  agitait  la queue en signe  d’obéissance !   Le louveteau  comprit que  l’homme  était vraiment  le plus fort  des  animaux du Grand  Nord.

 

 

2/

L’Indien  qui avait crié  « Kiche »   approcha et  posa la main   sur la tête de la louve.

Les autres Indiens aussi la caressaient.     Les cinq hommes étaient très contents et leurs bouche faisaient beaucoup de bruit.     Le louveteau se décida à venir se coucher près de sa mère.

« Je la reconnais, disait l’Indien, c’est Kiche.  Son père  était un loup  et sa mère une chienne.

–  Elle  s’est  échappée  l’année  dernière !

– Tu as raison Castor-Gris. Elle est allée vivre avec les loups. »

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L’Indien  qui  s’appelait  Castor-Gris toucha le louveteau.

crocs« Celui-là sera mon chien,  je l’appellerai   Croc Blanc. »

Les hommes continuèrent  à parler  pendant un moment.  Le louveteau  qui venait de recevoir un nom, restait tranquille.   Puis Castor-Gris attacha sa mère à un arbre.

Un autre Indien  s’approcha de lui,  le coucha sur le dos et se mit à lui frotter le ventre.  Croc Blanc  commença à grogner mais il trouvait ces caresses très agréables. Alors il cessa de gronder.

Croc Blanc entendit  des bruits bizarres.

Toute la tribu indienne arrivait. Il y avait beaucoup d’hommes,  de femmes  et d’enfants, quarante personnes,  portant toutes des bagages,  provisions et outils.

Il y avait aussi  beaucoup de chiens  qui portaient  des sacs attachés  sur leur dos. Croc Blanc n’avait  jamais vu de chiens.  Il comprit qu’ils lui ressemblaient beaucoup avec   quelque chose de différent.

Mais les chiens se jetèrent  sur le louveteau et sa mère.   Les hommes se précipitèrent sur les chiens et leur donnèrent des coups de bâton.  Le louveteau comprit que les hommes le défendait.   Mais il était triste : il ne comprenait pas pourquoi ses frères les chiens l’avaient attaqué.   Il était aussi triste de voir sa mère attachée.

Le lendemain, la tribu d’Indiens repartit.

Castor-Gris attacha  le louveteau avec sa mère   et ils marchèrent avec les hommes.

Ils avancèrent  toute la journée.   Le soir, ils s’arrêtèrent  au bord du fleuve Mackenzie.

Il y avait déjà des pirogues  et du poisson qui séchait.  Les Indiens  installaient leur campement.   Ils plantèrent des perches et les recouvrirent de peaux et de tissus pour former les tentes.   Croc Blanc regardait avec admiration.  Puis il vit  que les femmes et les enfants entraient et sortaient des tentes,  et que les chiens  essayaient d’y entrer mais qu’on les chassait par des cris ou des pierres.    Il rampa lui aussi vers une tente.

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Il se trouva  nez à nez  avec un jeune chien.  Celui-ci  était un peu plus grand  que le louveteau  et il commença à montrer les crocs.    Il s’appelait Liplip.

Croc Blanc  aurait voulu  être son ami.   Mais Liplip lui montrait  qu’il voulait  se battre. Alors Croc Blanc  se mit en colère  et grogna.  Les deux adversaires  se regardèrent  et tournèrent en rond  l’un autour de l’autre.   Les poils dressés sur leur dos, ils grondaient férocement.   Croc Blanc  avait un peu   l’impression de jouer.

Mais soudain  Liplip  lui sauta dessus, rapide et méchant  comme la foudre.  Il le mordit à l’épaule.  Le louveteau  poussa un cri de surprise  et de douleur.  Puis il enfonça de toutes ses forces  ses crocs dans la poitrine  de Liplip.   Mais celui-ci  lui donna  de violents  coups de dents  sur le dos.   Finalement, Croc Blanc courra se réfugier près de sa mère.

Ce fut le premier combat avec Liplip,  ce ne serait pas le dernier.   Chaque fois qu’ils se rencontraient, ils se battaient sauvagement.

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Pourtant le louveteau  était chaque jour  plus curieux  de ce monde étrange  qui l’entourait.   Un jour,  il s’approcha  de Castor-Gris  qui était en train  de fabriquer un arc.  Castor-Gris  siffla avec sa bouche  pour lui dire  de s’approcher  encore plus.

Croc Blanc avança si près  qu’il le toucha  de son museau.

Pour la première fois, il n’eut pas peur de l’homme.

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